Archives de catégorie : Non classé

Café citoyen  » anti-sémistisme, anti-sionisme et critique d’Israel » 18 décembre Forcalquier

Dans le cadre des activités de l’Université Populaire « graines de savoirs » de Forcalquier, 

café-citoyen de 18h à 19h30 mardi 18 décembre à la parenthèse (place Saint Michel Forcalquier)

thème : 

 » Comment éviter la confusion entre anti-sémitisme, anti-sionisme et opposition à la politique israélienne ? »

par Mireille Sève

CINÉMA DÉBAT « SAMOUNI ROAD » A FORCALQUIER

LE 15 DÉCEMBRE A 17H30

Dans le cadre d’un triple partenariat entre le cinéma le Bouguet – l’association Œil Zélé – l’AFPS 04 et en présence de la productrice Pénélope Bortoluzzi, qui a également participé au scénario.

Vous pourrez voir et débattre de « Samouni road » qui est un film documentaire de Stefano Savona.  Il  a été sélectionné pour la quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2018. Il a reçu un certain nombre de prix.

Le film qui utilise à certains moments des techniques d’animation classiques, revient sur la situation à Gaza. Il dresse un portrait de la famille Samouri avant, pendant et après la guerre/massacre lancé par l’armée israélienne sur la bande de Gaza sous blocus, appelé « plomb durci » (dec 2008- jan 2009). Au fil de leur souvenirs, il redonne vie et dignité à la famille Samouni, décimée par l’armée israélienne.

Sur le site du Bourguet : SAMOUNI ROAD
Italie, France / 2018 / 2h08 / OEil d’Or Cannes 2018 de Stefano SAVONA
Dans la périphérie rurale de la ville de Gaza… Amal, Fouad, leurs frères et leurs cousins ont perdu leurs parents, leurs maisons et leurs oliviers. Samouni Road dresse un portrait de cette famille avant, pendant et après l’événement qui a changé leur vie à jamais.
« Un témoignage saisissant et nécessaire qui dénonce les blessures laissées par le conflit entre Israël et la Palestine. » aVoir-aLire
VOST
Samedi 15 décembre à 17h30, la projection sera suivie d’un échange entre Pénélope Bortoluzzi, productrice du film, et Pascal Privet. En partenariat avec les associations OEil zélé et France Palestine Solidarité 04.

carnet de voyage en Palestine

Le Carnet de Palestine, réalisé par Caroline Amblard à l’issue d’une mission de l’AFPS 04 en septembre 2017, a reçu le Prix Médecins Sans Frontière lors du Rendez vous des Carnets de Voyage de Clermont Ferrand qui a eu lieu les 16,17,18 novembre et a été fréquenté par 13 000 visiteurs (www.rendezvous-carnetdevoyage.com). Les rencontres avec les lecteurs et la remise du prix ont été l’occasion de rappeler les difficultés quotidiennes des Palestiniens en territoires  colonisés et leurs capacités de résistance et de résilience.

        Il est disponible à l’adresse mail :     carolineamblard@wanadoo.fr   

9 novembre Conférence-Débat avec Nada Awad « Quel avenir pour Jérusalem ? »

Dans le cadre de sa tournée en France à l’initiative de l’AFPS (GL Drôme-Ardèche), Nada Awad s’est arrêtée dans le 04.

– Elle a pu répondre aux questions de 2 radios locales (fréquence mistral et radio zinzine)
– A rencontré une 10aine d’élu-e-s dont les maires de Reillanne, La Palud sur Verdon et Thoard.
– Est intervenue lors d’une conférence-débat sur le thème de Jérusalem, devant plus de 60 personnes dont une partie d’inconnus. Son intervention claire a capté l’intérêt de l’auditoire et le débat très riche s’est poursuivi pendant plus d’une heure.
Nous avons terminé cette belle soirée par le partage d’un buffet offert conjointement par la commune et l’AFPS 04.

 

 

 

 

 

2018.11.09 Tournée Nada Awad reillanne

 

 

 

Dans le cadre de sa tournée en France, NADA AWAD fera escale dans les Alpes de Haute Provence pour une soirée.

Salle Polyvalente à REILLANNE le 9 novembre à 19h45

Elle s’exprimera sur la situation actuelle et à venir de Jérusalem.

Jérusalem-Est, une capitale à protéger face à l’illégalité de la politique d’Israël qui expulse, dépossède, cherche par tous les moyens à dé-palestiniser, à diviser par les murs, et emprisonne particulièrement la jeunesse…,

Nada Awad est une jeune Palestinienne de Jérusalem. Diplômée de Sciences Po, elle est spécialiste de droit humanitaire. Elle a été responsable des campagnes de sensibilisation et de défense des droits des habitants palestiniens au Centre d’Action Communautaire de l’Université Al Quds.

LE 9 NOVEMBRE EST LA JOURNÉE MONDIALE SANS MUR

les groupes locaux de la région PACA soutiennent les 7 accusés de Briançon

Lors du 13 octobre « journée de rencontre des GL AFPS de la région PACA à Puyricard il a été décidé qu’après accord des organisateurs du rassemblement de soutien à Gap le 8 novembre, nous aurions une expression spécifique par une prise de parole qui s’appuie sur la nécessaire liberté de circulation et la fin de toute sorte de murs.

Le texte qui sera lu en notre nom est le suivant :

Intervention des Groupes Locaux de l’AFPS de la région PACA à GAP le 8 novembre 2018 à l’occasion du procès des 3 + 4

Les Groupes Locaux de l’Association France Palestine Solidarité de toute la région PACA sont ici représentés et ils tiennent à marquer leur solidarité avec les inculpés.

Cette année, dans quelques jours (le 10 dec), ce sera la date anniversaire des 70 ans de la déclaration universelle des droits de l’humain à l’ONU. Rappelons-nous de son article 13 qui stipule : « toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »

Il y a 16 ans, Israël commençait à construire un mur haut de 8 mètres et long de plus de 700 km sur les terres palestiniennes occupées. Dit mur de sécurité pour les uns et mur d’apartheid pour les autres, ce mur fait partie intégrante du projet israélien d’annexion de la Cisjordanie. A celui-ci s’ajoute le mur isolant complètement 2 millions d’individus dans la Bande de Gaza sous blocus israélien. Pourtant, les Palestiniens n’ont jamais cessé de lutter contre l’expulsion continue de leurs terres (la Nakba), – pensons aux manifestations pacifiques des « marches du retour » à Gaza depuis le 30 mars, où l’armée israélienne a déjà tués 228 civils sans compter les 22 000 blessés – , ni de résister à ces murs reconnus illégaux, puisque l’Assemblée générale des Nations-unies a adopté depuis 2003 une résolution condamnant sa construction, et que la Cour internationale de justice a jugé le 9 avril 2004 que sa construction était contraire au droit international.

Depuis 2003 le 9 Novembre – jour de la chute du Mur de Berlin – ce jour est « Journée mondiale pour un monde sans mur ».

Du mur israélien sur les terres palestiniennes colonisées, au mur de la honte étatsunien à la frontière avec le Mexique, près de 70 murs à travers tous les continents déchirent aujourd’hui la vie des gens et les terres, renforçant des frontières et des contrôles de plus en plus sophistiqués. Ils limitent l’horizon et détruisent l’espoir de beaucoup. Leurs lignes, plus infranchissables aux personnes qu’aux finances, sont la cause de milliers de morts chaque année. Ce sont des monuments d’oppression, de discrimination et d’exploitation. Ces murs construits sur la peur, sont devenus les remparts d’un monde où les guerres, la militarisation et l’exclusion remplacent la justice, la liberté, le droit, le partage et l’égalité.

Les murs ne sont pas seulement construits pour renforcer les frontières mais aussi pour fixer des limites entre les êtres humains. Visibles ou invisibles, ils ont pour fonction essentielle de protéger au bénéfice de quelques-uns des acquis liés aux l’injustices économique, politique, sociale et environnementale.

Pour nous, évoquer cette journée d’un monde sans mur, aujourd’hui, à Gap, a tout son sens. Depuis 2015, la France a rétabli les contrôles aux frontières entre l’Italie et la France et si un mur n’a pas été érigé matériellement, la militarisation des zones de passage, les contrôles multipliés jusqu’à 10 kms au-delà des frontières, la véritable chasse aux migrants, constituent bien un mur, avec tous les dangers que nous connaissons trop bien pour ceux qui cherchent à mieux vivre et espèrent protection en France.

Aujourd’hui, ici, l’AFPS se mobilise pour :

– Saluer et soutenir les mouvements de solidarité entre les peuples.

– Favoriser la création de liens entre les personnes enfermées derrière des murs et les mouvements luttant contre eux.

– Dénoncer les effets dévastateurs des inégalités et de l’injustice.

– Exiger la fin de ces frontières réelles ou symboliques lorsqu’elles volent des terres, expulsent, excluent, oppressent, discriminent, exploitent, enferment et séparent.  Il faut faire tomber les murs !  

– Rappeler que le principe de fraternité est contenu dans le préambule notre Constitution et que les personnes qui apportent une aide désintéressée aux migrants en situation irrégulière en France ne devraient pas pouvoir être poursuivies.                            

22 mai à Volx Soirée contes sur le thème de « récits de vie en temps de guerre »

A l’initiative de l’association « de bouche à oreilles », une soirée de contes par Jihad Darwiche         » Récits de vie en temps de guerre «  qui sera soutenue par l’AFPS 04 ainsi que Amnesty Internationale – l’Assemblée citoyenne du bassin manosquin – la LDH Manosque – le Mouvement de la Paix – RESF 04

Venez nous retrouver sur notre stand ! Nous y aurons l’actualité qui ne manquera pas entre les marches de retour à Gaza, la commémoration des 70 ans de la Nakba et l’installation annoncée de l’ambassade des USA à Jérusalem

DONS POUR GAZA

L’AFPS est en lien avec le UHWC (urgences médicales) et le PMRS (suivi du handicap), à Gaza. Des dons sont déjà partis du national (respectivement 30.000 € et 15.000 €) mais les besoins sont chiffrés à largement le double…. Avant de pourvoir envoyer plus, il faut ‘recharger’ le compte de l’association.

Face à l’ampleur du drame qui endeuille et mutile la Palestine et les Gazaouis, vous voulez contribuer au soutien à titre individuel, ou au nom de votre collectivité ? Vous pouvez faire un don !

Soit par chèque avec mention au dos « don pour aide médicale à Gaza » à l’attention de notre trésorier : Daniel Berthet 4 chemin des Rouquets 04000 Digne, soit au siège de l’AFPS 04 : le chêne, lieu-dit richard, route de volx 04100 Manosque. Nous transmettrons la totalité des sommes collectées.        – Soit en vous connectant directement sur le site national de l’AFPS, vous allez sur « Hello Asso »et vous vous laissez guider. A un moment il vous sera possible d’indiquer que votre versement doit être affecté à l’aide médicale.

(Dans les 2 cas les dons sont éligibles à réduction d’impôt…)

D’avance, merci pour eux.

Hommage à Samia Bamieh qui s’est éteinte il y a quelques jours que nous avions rencontré en septembre dernier

Une grande voix de la Palestine s’est tue.

 « On ne pourra pas déraciner notre culture historique qui est tolérante et riche de la diversité religieuse et sociale du peuple palestinien. Nous ne sommes pas une société refermée sur elle-même. » (S. Bamieh)

Une grande dame de la Résistance palestinienne nous a quittés et c’est une perte pour la Palestine et pour sa mémoire. Samia Bamieh était membre du Comité exécutif du Comité technique des Affaires des femmes et membre fondateur de la Commission internationale des femmes pour une paix juste et durable entre la Palestine et Israël. Longtemps elle avait été Directrice générale pour les Affaires européennes au ministère de la Planification.

Samia incarne la tragédie et la lutte de son peuple pour ses droits nationaux. Originaire de Jaffa, sa famille fuit la ville au moment de la Nakba. Commence pour eux le drame de tous les réfugiés. Pendant plus de 40 années, elle sera de tous les combats auprès du Fatha et de Yasser Arafat, le suivant, avec sa famille, jusqu’à Tunis, lors de l’exode de l’OLP après qu’elle ait été chassée du Liban. Elle était rentrée en Palestine occupée en 1996 avec l’Autorité nationale palestinienne. Elle est aussi la maman de Majed Bamieh, ce brillant jeune diplomate qui défend avec tant de talent les droits de la Palestine.

Samia était pour moi, un repère et je ne manquais jamais de la rencontrer, chaque fois que j’allais en Palestine, car elle m’aidait à comprendre la complexité de la situation dans son pays et son évolution. J’aimais sa rectitude et son exigence pour la défense du Droit international et pour celle des droits des femmes. Sa parole était vraie et sans concessions.

Je l’avais rencontrée pour la première fois en 1996, peu après son arrivée en Cisjordanie, après les accords d’Oslo et j’avais été frappée par la clarté de son analyse, par son honnêteté intellectuelle, ainsi que par sa forte personnalité.

J’ai réalisé plusieurs entretiens avec elle pour Clara Magazine[1], Politis[2] et Pour la Palestine[3] – la revue de l’AFPS. Notre dernière rencontre date de septembre dernier, au cours de la mission de l’AFPS04 en Palestine occupée.

Comme tous les Palestiniens, je l’avais trouvée fatiguée, désabusée mais toujours combattante. Elle ne cachait ni les contradictions d’Oslo, ni les échecs de la direction palestinienne, du Fatha et des partis de gauche, mais  elle ne manquait jamais de replacer ses critiques dans le contexte d’une Europe qui refusait d’assumer ses responsabilités envers les Palestiniens et du « deux poids, deux mesures » définissant l’ordre international sous la houlette des Etats-Unis.

J’ai relu la première interview que j’avais faite d’elle, en 1998, et je constate que ses paroles ont conservé toute leur actualité. Je la cite : « J’ai parfois le sentiment de vivre un suicide à petit feu. On se lance à fond dans le travail – elle travaillait à l’époque au ministère de la planification et du développement- avec l’illusion de bâtir nos institutions, et puis, n’importe quel événement anodin nous rappelle que nous vivons sous occupation et qu’il nous reste à accomplir la libération nationale, tâche primordiale sans laquelle il n’y aura pas de construction possible. L’opposition passe son temps à critiquer l’Autorité palestinienne, les manquements à la démocratie, en oubliant l’essentiel : nous n’avons ni l’unité de notre terre, ni celle de notre peuple. Sans souveraineté, à quel développement pouvons-nous prétendre ? (…..)Mais je pense que l’Autorité nationale palestinienne a trop misé sur les négociations et qu’il est urgent de reformuler l’action populaire de résistance qui doit se renouveler et reprendre sous des formes différentes. On a trop vite abandonné les Unions populaires où notre peuple était acteur. Qu’ils soient pour ou contre Oslo, les partis politiques ont du mal à redéfinir une stratégie qui réponde aux aspirations des gens totalement désorientés. Il nous manque une opposition mûre qui fasse des propositions constructives.  Ce n’est qu’à ce prix que notre société pourra se renforcer. »

En juin 2005, après la mort d’Arafat et au moment du désengagement de Gaza par Sharon, elle nous alertait dans PLP : « Aujourd’hui, Israël est en train d’avaler littéralement nos terres et de mettre en place un système d’apartheid raciste. Comment le monde ne le voit-il pas ? Quand nous aurons des « Erez[4] » partout, des portes dans les murs pour entrer et sortir avec des permis pour circuler, des routes principales qui nous sont confisquées parce qu’elles vont relier les colonies et que nous devrons nous contenter de tunnels, il n’y aura plus d’entité palestinienne possible. (…) Où allons-nous ? Nous voulons parvenir à la paix. Mais nous en avons marre d’un « processus » de paix  qui n’en termine jamais avec l’occupation. (….)

Que fait la communauté internationale, en ce début de 21ème siècle ? Elle devrait être beaucoup plus sérieuse et faire appliquer ses décisions par Israël. Que ce soit par des pressions, par le dialogue, ce qu’elle veut, mais qu’elle se fasse entendre ! 

Notre frustration vient de notre attente que l’Europe joue un rôle politique à la mesure des enjeux. Je qualifierai nos relations de l’ordre du « dépit amoureux ». Nous avons besoin, dans ce monde unipolaire, du contrepoids de l’Europe. Nous ne serions plus là si l’Europe ne s’était pas impliquée dans notre projet politique. Mais si elle ne bouge pas politiquement, ce sera un gâchis. Nous savons qu’elle a les moyens de convaincre Israël et elle ne les utilise pas. (…) L’Europe nous demande de faire des réformes. Mais sur le terrain, la vie, comment va-t-elle changer ? Comment l’économie va-t-elle se relever, s’il n’y a pas l’application par Israël de ses obligations ? Pourquoi l’Europe accepte-t-elle la violation de ses propres lois, de ses propres accords ? »

Lors d’un entretien réalisé le 24 février 2006, après la victoire du Hamas, elle dénonçait : « Où sont passées les valeurs de l’Europe : les Droits de l’Homme, le Droit international ? Nous lui demandons seulement de défendre ses principes et de les faire appliquer par Israël ? L’Europe, qui a avec nous des accords de voisinage, qui est pour la solution de deux Etats et qui crie que cette solution est en danger, ne fait rien sur le terrain. (…) Pendant que nous nous occupons des réformes, de démocratie, la possibilité d’un Etat palestinien disparaît chaque jour un peu plus. La question que je me pose, c’est à quoi sert toute cette remise en question, cette inquiétude si finalement, le but – un Etat souverain et indépendant- n’est plus réalisable ?

Elle analysait ainsi l’échec du Fatha aux élections :  « Le Fatha a une très grande responsabilité parce qu’il n’a pas su accomplir sa mutation de parti révolutionnaire en parti de gouvernement. Il n’a pas  su  garder son espace et son identité. Il était totalement  amalgamé à l’Autorité palestinienne. La force du Fatha, c’était son ancrage populaire. Le Hamas aujourd’hui me rappelle le Fatha lorsqu’il était proche des gens, ouvrait des dispensaires, des crèches, des garderies, impulsait des Unions. Le Hamas a pris le relais, y compris auprès des femmes qui ont voté en majorité pour lui.

Et elle incluait également la gauche dans le délitement du mouvement de libération nationale :

« Quand toutes les organisations de gauche n’obtiennent que  7 élus, elles doivent se réveiller, elles aussi. Il y a également toute la société civile qui se remet maintenant en question. Ces ONG qui ont parlé des droits de l’homme, des droits des femmes, de l’égalité, pourquoi n’ont-t-elles pas pu convaincre les femmes ? 44% des femmes ont voté pour le Hamas. Je crois que les mouvements de femmes ont travaillé beaucoup plus verticalement qu’horizontalement et se battaient pour les femmes mais pas avec elles. Ces ONG ont été financées par les pays donateurs pour des projets bien précis. Et finalement, au lieu de continuer le travail volontaire, tout le monde est devenu gestionnaire de projets : il fallait savoir étudier un dossier, le présenter aux bailleurs de fonds. L’objectif premier devenait de maintenir l’ONG et de financer les postes de travail. Elles se sont transformées en petites entreprises. On a défiguré le travail associatif, ce que le Hamas n’a pas fait. Il a réussi à mobiliser les femmes par un travail volontaire et populaire.

C’est un message que la société civile et les partis démocratiques doivent entendre. Notre peuple est un peuple politisé qui paie chaque jour son existence sur sa terre et sa résistance à l’occupant ; ce n’est pas un peuple au nom duquel on peut parler. Si on ne permet pas aux gens d’êtres acteurs, ils nous sanctionnent. (…) Il faut vraiment redéfinir notre stratégie, voir dans quelles conditions accepter les dons des bailleurs internationaux et se donner les moyens de ne plus être à leur merci.

Pour nous, le vrai choc de ces élections a été de se demander ce que, après 40 ans de combats, nous avions réalisé du point de vue politique. L’Etat n’est pas là ; nous ne sommes pas parvenus à mettre fin à l’occupation ; l’occupant a réussi à nous diviser. Socialement, il y a une régression. A Gaza, les femmes ont senti bien avant nous, ce que cela voulait dire. (…) La fragmentation des territoires occupés et l’incommunication isolent les villes des campagnes, les villes des autres villes. Nous n’avons plus les mêmes façons de penser, ni les mêmes problèmes. »

En tant que femme et militante, elle s’interrogeait :

« Quand je parle de 40 ans de combat national, je parle de 30 ans de ma vie de militante politique. (…) Vous ne pouvez pas savoir ce que ça veut dire pour moi que cette Palestine dont on a rêvé, pour laquelle nous nous sommes battus, n’existe plus comme projet politique.

Je suis issue de la grande bourgeoisie palestinienne. En m’engageant dans ce combat, j’ai cherché à me débarrasser de mon éducation, à renier ma classe pour suivre cette marche vers la libération nationale. Après Beyrouth, j’ai pensé arrêter. Puis il y a eu l’Intifada. Je me suis réinvestie. Puis il y a eu Oslo. Je ne pouvais pas lâcher. C’était la reconstruction. Et je me retrouve à 57 ans avec tout à reconstruire de nouveau. Je ne peux pas me contenter de redevenir une petite-bourgeoise parce que je ne peux plus me leurrer et continuer comme si rien ne s’était passé. Cela fait 10 ans que je suis rentrée en Cisjordanie. Je suis Palestinienne mais pas du pays. J’appartiens à un projet politique plus qu’à la géographie.

Je n’ai pas le choix.  Ma vie personnelle est tellement fondue dans le projet politique que je ne peux pas accepter d’avoir échoué et de perdre espoir. Objectivement, il n’y a aucune famille palestinienne qui n’a pas un proche à l’extérieur : en Amérique, au Canada, dans les pays arabes… Nous recevons l’impact du monde même si l’occupation nous referme sur nous-mêmes. De ce point de vue, je ne suis pas pessimiste. Je ne crois pas que la société va se replier sur le fondamentalisme. Mais ce n’est pas une tâche facile surtout que l’occupant ne nous laisse pas respirer. »

En septembre dernier, lors de notre entrevue, elle nous redisait son inquiétude face au danger de la réémergence des identités communautaires dans la société palestinienne mise à mal par les divisions savamment entretenues. « Nous avons subi une défaite. Notre projet national qui était basé sur la fin de l’occupation pour aller vers l’autodétermination a été mis à mal. Les gens aujourd’hui sont désabusés quand ils constatent le nouvel essor du projet sioniste de colonisation et d’expulsion qui sape les fondements d’un Etat palestinien viable, n’offrant plus que l’alternative d’un Etat d’apartheid. Israël sait qu’il a les mains libres et le soutien américain face à la lâcheté de l’Union européenne qui ne pèse pas grand-chose. Les USA décident, l’Europe paie ! Dans ce contexte, avec l’impuissance des partis politiques palestiniens – un Fatha qui manque de leadership, une opposition de gauche atomisée qui se cherche -, il y a un réel danger de se replier sur la tradition qui rassure dans un climat d’insécurité, avec, en face, la montée de l’extrême droite israélienne et l’insécurité dans la région. Heureusement, nous sommes encore majoritairement une société de diversité qui ne s’est pas refermée sur elle-même. Le futur est open. »

Cette belle voix s’est tue. Mais je sais qu’elle continuera à vivre et à se transmettre par ses enfants, dans le combat des femmes avec qui elle n’a jamais cessé de se battre et dans la résistance populaire quotidienne du peuple palestinien. Elle nous laisse ce message de dignité et d’engagement qui a guidé sa vie.

Monique ETIENNE.

1- Clara Magazine n°49 – sept 1998

2- Politis n° 892 – 9 mars 2006

3- Pour la Palestine- n°45- mars 2005; n°47- sept 2005; n°52- déc 2006

 

 

 

[1] N°49- sept 98-

[2] N° 892- semaine du 9 au 15 mars 2006

[3] N° 45 (mars 2005),47(sept 05), 52(déc06)

[4] Le check point devenu poste frontière qui boucle l’entrée de la Bande de Gaza et la coupe de la Cisjordanie et de Jérusalem.

Bonne Année 2018…

voeux 2018 AFPS 04

                                                                                               Le 14 janvier 2018

 

Bonjour à tous, bonjour à toutes,

Cette nouvelle année est l’occasion de vous adresser tous mes vœux de bonheurs individuels, collectifs et partagés pour 2018.

En cette année, qui marque la 70ème depuis la création de l’état d’Israël, les évènements à sa gloire ne vont surement pas manquer. C’est une raison supplémentaire pour que tout au long de l’année s’exprime une pensée et une parole alternative à l’histoire qui nous sera certainement racontée.

Une voix qui s’oppose fermement aux déclarations de Donald Trump sur Jérusalem-Est. Une voix qui demande sans relâche la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens. Dont les prisonniers emblématiques des résistances populaires non armées, du refus de la destruction systématique de la société palestinienne et du mépris des Droits humains élémentaires : Ahed Tamini, pour les mineurs incarcérés ; Salah Hamouri, pour ceux maintenu.e.s en détention administrative ; Marwan Barghouthi pour les parlementaires sous les verrous ; Khadila Jarrar qui cumule, femme, élue et en détention administrative… Une voix suffisamment forte pour se faire entendre de l’Élysée pour que soit enfin reconnu l’état de Palestine, alors que les parlementaires français ont voté pour, en décembre 2014. Une voix qui défende le droit d’expression dont celui de la critique en France de la politique d’Israël, sans être immédiatement accusé d’antisémitisme.

Pour que cesse la colonisation, le nettoyage ethnique, l’annexion des terres, l’injustice et l’arbitraire pour les palestiniens. Pour qu’Israël respecte et s’applique enfin le droit international et que la politique d’apartheid prenne fin. Pour que la communauté internationale passe de la désapprobation aux sanctions, si Israël continue à défier le droit et les résolutions de l’ONU.

Les palestiniennes et palestiniens ont besoin de nous ! Et ici, nous avons besoin de vous tous et toutes pour faire avancer la justice et l’égalité, pour faire respecter le droit et continuer à mener des campagnes claires et visibles !

Chaque acte compte, votre adhésion à l’association France Palestine solidarité nous renforce et permet de soutenir des projets de vie en Palestine. Votre présence aux événements que nous organisons nous légitime dans notre combat et favorise votre information sur la situation et son évolution. Et naturellement, vous êtes les bienvenu.e.s pour la participation à leur organisation ou à nos conseils d’administration

En ce début d’année, je vous invite donc à prendre, ou à renouveler votre adhésion à l’AFPS 04 dès maintenant. Cela peut vous donner accès au journal trimestriel « Palestine Solidarité », édité au niveau national par l’AFPS.

Individuellement, l’adhésion est sans doute un des 1ers moyens de soutenir la cause des Palestinien.ne.s et les chances d’une paix juste et durable dans la région. Son prix ne doit en aucun cas être un obstacle. Les tarifs sont modulés selon les revenus que vous déclarez.

Vous pouvez à tout moment retrouver, toute l’actualité de notre association au niveau local, le bulletin d’adhésion et un résumé mensuel de l’actualité avec des liens vers différents textes ou média sur notre site : afps04.online

D’avance merci,                                                                                 

Mireille Sève

Présidente AFPS 04