1er MAI … Lettre ouverte à l’organisation internationale du travail (OIT) en partenariat avec des ONG Palestiniennes

L’AFPS s’est associée à l’initiative.

Nous pouvons maintenant signer en ligne cette lettre à titre citoyen !

Je vous engage à la signer très vite  … Vous pouvez aussi relayer dans vos réseaux…

L’AFPS s’est associé à cette initiative. Vous trouverez la lettre ouverte sur le site de l’AFPS / https://www.france-palestine.org/Appel-a-signature-Lettre-ouverte-a-l-Organisation-Internationale-du-Travail-OIT

Les signatures seront comptabilisées mais les noms ne seront pas divulgués.

N’hésitez pas à faire suivre autour de vous.

La lettre sera envoyée officiellement à l’OIT lundi 4 mai 2020.

Dans le monde entier, la pandémie de COVID-19 a exacerbé les vulnérabilités liées à la pauvreté, à la discrimination, aux conflits et à l’occupation. En Palestine, la pandémie COVID-19 a mis en évidence le régime israélien de domination raciale institutionnalisée et d’oppression sur l’ensemble du peuple palestinien, ce qui équivaut au crime d’apartheid .

Pendant la pandémie de COVID-19, la vulnérabilité des travailleurs palestiniens à la pandémie a été aggravée, les autorités d’occupation israéliennes continuant à privilégier les considérations économiques au détriment des droits et de la dignité des travailleurs palestiniens.

Alors que nous commémorons la Journée internationale des travailleurs et les réalisations en matière de promotion des droits du travail dans le monde entier, les travailleurs palestiniens employés en Israël et dans les colonies israéliennes illégales continuent de subir des conditions de travail désastreuses, reçoivent des salaires inférieurs à ceux de leurs homologues israéliens et se voient refuser l’accès aux soins de santé et autres avantages, entre autres politiques et pratiques discriminatoires de l’occupation israélienne .

Il est donc plus urgent que jamais de s’attaquer au déni prolongé des droits des Palestiniens.

L’AFPS et de nombreuses organisations internationales ont rejoint les organisations palestiniennes pour interpeller l’OIT afin que les droits des travailleurs palestiniens soient reconnus.

>> Signez la lettre ouverte au directeur général de l’OIT !


La liste des membres :

Membres : Amani, Artisans du Monde, AURDIP, AFPS, AJPF, Cedetim, CEMEA, Chrétiens de la Méditerranée, Cimade, CICUP, CCFD-Terre Solidaire, Comité Palestine Israël 44-49, Comité Gaza Jérusalem Méditerranée, CVPR-PO, Enfants Réseau Monde/Services, FSGT, LDH, LIFPL-section française, MRAP, Mouvement de la Paix, MIR, MAN, One Justice, Pax Christi France, Secours Catholique-Caritas France, SIDI, Soutien Humani’Terre, UJFP.

Observateurs : ACAT-France, Agir ensemble pour les droits de l’Homme, Amnesty International France, Association Pour Jérusalem, CRID, Collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine, Francas, GAIC, Humanité & Inclusion, Médecins du Monde, Palmed France,PUI, ritimo.

À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs.ses, nos partenaires palestiniens (Al Haq, PNGO, PIPD etc.) proposent de co-signer et d’envoyer la lettre ouverte ci-jointe (version originale en anglais et version traduite en français) au directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) à Genève pour la protection des droits des travailleurs palestiniens pendant et après le COVID-19.

Dès le vendredi 1er mai, la lettre sera publiée sous forme de pétition en ligne ouverte à la signature des citoyen.ne.s et partagée sur les réseaux sociaux avec les hashtags #LaborDay #WorkersDay #Palestine #1May.

A l’attention de :
M. Guy Ryder
Directeur Général de l’OIT
4 route des Morillons
CH-1211 Genève 22
Suisse

Le 1er mai 2020

Objet : La protection des travailleurs palestiniens pendant et après le COVID-19

Cher Monsieur Ryder,

Nous, organisations de la société civile, syndicats et citoyens du monde entier, adressons cette lettre ouverte conjointe à l’Organisation internationale du travail (OIT) à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, vous exhortant à prendre des mesures dans le cadre de votre mandat pour protéger les droits, les moyens de subsistance et la dignité des travailleurs palestiniens, hommes et femmes, et de leurs familles pendant et après la pandémie de COVID-19. La Déclaration du centenaire de l’OIT pour l’avenir du travail a confirmé le rôle essentiel que l’OIT, cent ans après sa création, doit jouer pour la réalisation de « la justice sociale, la démocratie et la promotion d’une paix universelle et durable ». [1]

Nous nous félicitons de la récente déclaration de l’OIT appelant les gouvernements du monde entier à prendre des mesures pour prévenir et contrôler la propagation du COVID-19 sur le lieu de travail. Comme l’a souligné l’OIT, « ce n’est qu’en mettant en œuvre des mesures de sécurité et de santé au travail que nous pourrons protéger la vie des travailleurs, de leurs familles et des communautés plus larges, et assurer la continuité du travail et la survie économique » [2]. Dans le monde entier, la pandémie de COVID-19 a exacerbé les vulnérabilités liées à la pauvreté, à la discrimination, aux conflits et à l’occupation. En Palestine, la pandémie COVID-19 a mis en évidence le régime israélien de domination raciale institutionnalisée et d’oppression sur l’ensemble du peuple palestinien, ce qui équivaut au crime d’apartheid [3].

Comme le souligne votre dernier rapport de 2019 sur la situation des travailleurs des Territoires arabes occupés, « les Palestiniens eux-mêmes n’ont guère la possibilité d’améliorer leur sort. L’occupation israélienne est étouffante à tous égards, dominant presque tous les aspects de la vie des Palestiniens » [4]. Dans l’ensemble du Territoire Palestinien occupé, les autorités d’occupation israéliennes ont continué à cibler sans discernement les moyens de subsistance des Palestiniens pendant la pandémie de COVID-19, notamment par des attaques contre les agriculteurs, les bergers et les pêcheurs dans la bande de Gaza [5].

Pendant la pandémie de COVID-19, la vulnérabilité des travailleurs palestiniens à la pandémie a été aggravée, les autorités d’occupation israéliennes continuant à privilégier les considérations économiques au détriment des droits et de la dignité des travailleurs palestiniens. Au lieu de cela, les travailleurs palestiniens présentant des symptômes de la grippe ont été jetés aux check-points sans coordination pour assurer leur traitement [6], Israël n’a pas testé les travailleurs palestiniens au COVID-19, ni pris de mesures adéquates pour freiner la propagation de la pandémie dans le Territoire Palestinien occupé, sapant ainsi les efforts de confinement et d’atténuation des risques de l’Autorité palestinienne pour les travailleurs de retour du territoire israélien. Le ministère palestinien de la Santé a constaté que les travailleurs, leurs familles et leurs contacts constituent la majorité des infections au COVID-19 en Cisjordanie [7].

Alors que nous commémorons la Journée internationale des travailleurs et les réalisations en matière de promotion des droits du travail dans le monde entier, les travailleurs palestiniens employés en Israël et dans les colonies israéliennes illégales continuent de subir des conditions de travail désastreuses, reçoivent des salaires inférieurs à ceux de leurs homologues israéliens et se voient refuser l’accès aux soins de santé et autres avantages, entre autres politiques et pratiques discriminatoires de l’occupation israélienne [8]. Le secteur israélien de la construction, en particulier, composé essentiellement de travailleurs palestiniens des deux côtés de la Ligne verte et qui a continué à être considéré comme un « service essentiel » pendant le COVID-19, est l’un des secteurs les plus dangereux pour les accidents du travail, car il manque d’une supervision nécessaire par le gouvernement israélien [9].

Comme l’a souligné l’OIT, le COVID-19 a révélé la fragilité des économies du monde entier, la pandémie ayant le potentiel « à long terme, d’amplifier considérablement les cycles de pauvreté et d’inégalités » [10]. Il est donc plus urgent que jamais de s’attaquer au déni prolongé des droits des Palestiniens comme étant la cause première de la privation d’un niveau de vie adéquat. Les rapporteurs spéciaux des Nations unies ont notamment rappelé à Israël son obligation de veiller à ce que les Palestiniens reçoivent les services de santé essentiels [11], ont exprimé leurs préoccupations quant au fait qu’Israël entrave les efforts visant à contrôler et atténuer efficacement les risques du COVID-19, et ont appelé à un accès égal aux traitements et aux dépistages sans discrimination [12].

En conséquence, nous, soussignés, vous demandons aujourd’hui, en tant que Directeur général de l’OIT, de :

1. Envoyer une lettre urgente au Ministre du Travail et au Ministre de la Santé en Israël, demandant aux autorités d’occupation israéliennes de fournir d’urgence aux travailleurs palestiniens leurs trois mois de salaire pendant la situation d’urgence, conformément à la législation du travail israélienne ; de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris avec les employeurs, pour garantir la couverture des soins de santé pendant et après l’urgence de COVID-19 ; de fournir aux travailleurs palestiniens qui séjournent en Israël un logement, de l’eau, de la nourriture et des installations sanitaires adéquats, car cela est essentiel pour faire respecter leurs droits et atténuer les risques du COVID-19 parmi les travailleurs et leurs familles à leur retour ;

2. Inviter la 109ème session de la Conférence Internationale du Travail à tenir Israël, puissance occupante, pour responsable de ses violations des droits des travailleurs palestiniens, par une supervision adéquate de la Commission d’experts de la mise en œuvre des recommandations du rapport sur la situation des travailleurs dans les territoires occupés et pour l’application des conventions qu’elle a ratifiées.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.