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13 octobre à Puyricard Rencontre des GL de PACA

13 oct 2018 après midi puyricard VD

13 oct 2018 matinée rencontre GL PACA VD

  CONFÉRENCE RÉGIONALE des GROUPES LOCAUX de L’AFPS en PACA

 MATINÉE de RENCONTRE à l’attention de l’ENSEMBLE des ADHÉRENT.E.S *

En présence de membres du Bureau National et référents de Groupes de Travail (Bertrand Heilbronn président, Anne Tuaillon vice-présidente, Marc Gicquel trésorier).

10H- 10h30      Accueil,

10H30- 11h       Prise de parole de nos représentant.e.s nationaux :

                        –  Enjeux du développement de l’AFPS, du local à l’international.

                        – Aperçu de la campagne 2018 et des mouvements de résistance populaire.

11H-12H           Échanges en sous-groupes.

12h- 13h           Synthèse et propositions d’actions régionales.

                                                     13h – 14h pause repas partagé sur place

14h-18h30       Conférence débat de Hassan Al Balawi et projections vidéo avec                             « les instants numériques et poétiques » A.M. OUVERT À TOUS ET TOUTES

18h30 -19h30   Clôture et Apéritif offert par l’AFPS

SAMEDI 13 OCTOBRE 2018   10h-13h & 14h-19h30

Salle des fêtes de Puyricard       35 av Jean d’Orsini 13 540

Pendant toute la journée : Expositions, documentation et matériel de l’AFPS, choix de livres.    

* Possibilité d’adhérer sur place à l’entrée de la salle                                                                                                                                                           

Possibilité d’AR par cars réguliers de Marseille (gare routière) Aix (gare routière) à Puyricard ligne 11,12 ou 13 arrêt ‘Puyricard fêtes’   Parking face salle des fêtes   Penser aux co-voiturages !                   Entrée libre


SAMEDI 13 OCTOBRE 2018              

14h-19h30 OUVERT A TOUS ET TOUTES (ADHÉRENT, CURIEUX, SYMPATHISANT…)

Salle des fêtes de Puyricard   –  35 av Jean d’Orsini 13 540

À l’invitation des groupes locaux de l’Association France Palestine Solidarité en PACA

 14h-14h30          ACCUEIL ET PRÉSENTATION DE L’APRÈS-MIDI

  14h30- 16h30   CONFERENCE-DEBAT DE HASSAN AL BALAWI

« Actualités en Palestine et positions de l’Union européenne »

Diplomate palestinien, chargé de mission de Palestine auprès de l’Union Européenne, responsable des relations bilatérales avec la Belgique et le Luxembourg.

Ancien journaliste. Auteur du livre « Gaza, dans les coulisses du mouvement national palestinien ».

 16h45-18h30   RENCONTRE ET PROJECTIONS AVEC LES « INSTANTS VIDÉO NUMÉRIQUES ET POÉTIQUES » de Marseille

Présentation de l’association, des réalisations du festival d’art vidéo & performance en Palestine et vidéos par Marc Mercier                                                      

 18h30-19h30         CLÔTURE, PUIS APÉRITIF OFFERT PAR L’AFPS

Expositions, documentations et librairie.

Entrée Libre                                                                                                                                   Possibilité d’AR par cars réguliers de Marseille (gare routière) Aix (gare routière) à Puyricard lignes 11,12, ou 13 arrêt ‘Puyricard fêtes’ –  Parking face salle des fêtes          Penser aux co-voiturages !

9 novembre Conférence-Débat avec Nada Awad « Quel avenir pour Jérusalem ? »

A venir : la venue dans notre département de Nada Awad,

Dans le cadre de sa tournée en France, Nada Awad fera escale dans les Alpes de Haute Provence pour une soirée.

Elle s’exprimera sur la situation actuelle et avenir de Jérusalem.

Nada Awad est une jeune Palestinienne de Jérusalem. Diplômée de Sciences Po, elle est spécialiste de droit humanitaire. Elle a été responsable des campagnes de sensibilisation et de défense des droits des habitants palestiniens au Centre d’Action Communautaire de l’Université Al Quds.

DONS POUR GAZA

L’AFPS est en lien avec le UHWC (urgences médicales) et le PMRS (suivi du handicap), à Gaza. Des dons sont déjà partis du national (respectivement 30.000 € et 15.000 €) mais les besoins sont chiffrés à largement le double…. Avant de pourvoir envoyer plus, il faut ‘recharger’ le compte de l’association.

Face à l’ampleur du drame qui endeuille et mutile la Palestine et les Gazaouis, vous voulez contribuer au soutien à titre individuel, ou au nom de votre collectivité ? Vous pouvez faire un don !

Soit par chèque avec mention au dos « don pour aide médicale à Gaza » à l’attention de notre trésorier : Daniel Berthet 4 chemin des Rouquets 04000 Digne, soit au siège de l’AFPS 04 : le chêne, lieu-dit richard, route de volx 04100 Manosque. Nous transmettrons la totalité des sommes collectées.        – Soit en vous connectant directement sur le site national de l’AFPS, vous allez sur « Hello Asso »et vous vous laissez guider. A un moment il vous sera possible d’indiquer que votre versement doit être affecté à l’aide médicale.

(Dans les 2 cas les dons sont éligibles à réduction d’impôt…)

D’avance, merci pour eux.

22 mai à Volx Soirée contes sur le thème de « récits de vie en temps de guerre »

A l’initiative de l’association « de bouche à oreilles », une soirée de contes par Jihad Darwiche         » Récits de vie en temps de guerre «  qui sera soutenue par l’AFPS 04 ainsi que Amnesty Internationale – l’Assemblée citoyenne du bassin manosquin – la LDH Manosque – le Mouvement de la Paix – RESF 04

Venez nous retrouver sur notre stand ! Nous y aurons l’actualité qui ne manquera pas entre les marches de retour à Gaza, la commémoration des 70 ans de la Nakba et l’installation annoncée de l’ambassade des USA à Jérusalem

Du 28 avril au 6 mai à Forcalquier exposition photos et pastels, conférence débat, diaporama retour de mission en Palestine et ciné débat

VOYAGE EN PALESTINE

Bilan de nos 10 jours de voyage… à Forcalquier qui nous ont permis de mettre la Palestine en avant de manières variées et de toucher un public différent de celui, plus habituel, de nos « conférences-débats ».

Nous avons pu retrouver avec plaisir et recevoir Ahmad Dari, palestinien -calligraphe, musicien, ancien membre de la délégation de la Palestine à l’UNESCO- qui était déjà venu dans notre département et qui nous a offert il y a déjà plusieurs années la calligraphie qui orne les bouteilles d’huile d’olive que nous revendons …

Cela a été aussi l’occasion d’un article dans la presse locale pour annoncer nos événements (La Provence) et de 2 émissions de radio pour parler des 10 jours à venir ; mais aussi de l’actualité, des 70 ans de la Nakba et du blocus dramatique de Gaza (radio Zinzine et Fréquence mistral) ainsi que de l’interview d’Ahmad Dari…

 

 

 

 

 

Le 28 avril à 18h vernissage de l’exposition en présence d’une 50 aine de personnes. Moment dédié tout particulièrement aux Gazaouis et au soutien que nous apportons à leurs « marches du retour » depuis le 30 mars. Tout au long des 10 jours de 30 à 80 personnes sont venues regarder l’exposition. Occasion de quelques rencontres et de la vente du carnet de Palestine de Caroline Amblard, dont les bénéfices seront reversés à l’AFPS.

Le 28 en soirée, malheureusement, pas plus de 25 personnes sont restées pour la conférence de Ahmad Dari sur les thèmes du « projet culturel palestinien » de la « culture comme moyen de résistance ».

 

bdr

 

 

 

 

 

 

 

Le 29 l’atelier de découverte de la calligraphie à fait le plein… Avec quelques jeunes !

 

 

 

 

Le 4 mai, 45 personnes étaient réunies, pour une heure de diaporama agrémenté de nos commentaires selon différents thèmes (Jérusalem, l’urbanisme, la refonte Israélienne de l’histoire, les Bédouins et la vallée du Jourdain, les réfugiés et les camps, le mur, Hébron et Wadi Fouking, la résilience, … ) suivi d’un échange de questions et témoignages, puis du partage convivial d’un pot offert par l’association.

 

 

 

 

 

Le 5 mai, nous étions 78 dans la salle du Bourguet pour la projection, en partenariat avec le cinéma de la ville, de « derrière les fronts » documentaire d’Alexandra Dol. La séance s’est poursuivie d’un débat animé par l’AFPS 04 pendant presque une heure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 28 avril et 4 mai, nous avons récolté pour …  de dons qui seront versés directement à l’attention des gazaouis pour aide aux soins que nécessite les attaques et tires par balles qu’ils subissent alors qu’ils manifestent pacifiquement.

Du 28 avril au 6 mai à Forcalquier (04300) au centre d’art contemporain Boris Bojnev, le GL AFPS 04 organise une exposition 

Vous y trouverez :

– les photos de notre dernière mission en Palestine (sept 2017)
 
– Des planches originales du carnet de voyage de Caroline Amblard membre de notre CA (le carnet sera en vente), 

– Lcollection de photos de Palestine et Palestinien.ne.s réalisées de 1880 à 1942 de Ahmad Dari 
– L’exposition de la campagne « 2018 justice pour la Palestine » de l’AFPS, un detour explicatif sur le processus de la Nakba.

Avec quelques temps forts :

– le 28 avril à 18h vernissage, en présence des « artistes ».

– Le 28 avril à 20h30 conférence de Ahmad Dari sur    « Le projet culturel palestinien et ses partenariats « . Salle Pierre Michel
–  le 29 avril à 14h30 Atelier de Calligraphie au centre d art contemporain Boris Bojnev
– Le 4 mai en soirée diaporama, interventions et débat « retour de mission en Palestine » des 11 membres du GL afps 04. Salle Pierre Michel
Le 5 mai à 18h ciné débat  « derrière les fronts »  au cinéma « le Bourguet ».
 Dans le cadre des manifestations de solidarité avec le peuple Palestinien, organisées par le groupe local de l ‘AFPS 04,  qui se dérouleront à Forcalquier du 28/04/2018 au 05/05/2018. (voir l’affiche)

Nous organisons avec l ‘artiste Palestinien Ahmad Dari, un atelier de calligraphie. le 29 Avril à 14h30 salle Pierre Michel

Ahmad Dari vous proposera d’explorer les différents styles de calligraphie (Latine et Arabe),  de découvrir l’ utilisation du calame, et le plaisir d’écrire avec les instruments traditionnels.  Il vous entrainera pendant 2 h 30,  » en voyage dans la culture Arabe pour une tentative d ‘approche des différences de conceptions artistiques entre l’orient et l’occident « .Cet atelier est limité à 15 personnes maximum ( adultes et enfants à partir de 8 ans ). Le matériel : papiers, encre, calames, palettes, gobelets et documentations est apporté par le calligraphe.  Son cout s’élève à 20 euros par participant. Merci de  téléphoner au 06/07/47/13/99 pour vous inscrire à cet atelier ou pour tous renseignements complémentaires.

stage calligraphie

 

GAZA appel du collectif « Palestine 04 » à un rassemblement devant la mairie de Digne le 7 avril à 10h30

Suite aux massacres à Gaza vendredi dernier, et qui risquent de ce reproduire, la France est tragiquement silencieuse, manquant à son devoir de protection, en tant que partie aux conventions et accords internationaux.

Le collectif Palestine 04 « l’urgence de la paix et du droit », – dont l’AFPS 04 fait partie – demande instamment au président de la République d’intervenir fermement auprès des dirigeants israéliens – qu’il qualifie d’amis- afin que ces crimes cessent immédiatement et que justice soit faite. S’il restait silencieux, il se déshonorerait et entacherait gravement l’image de la France qui se veut toujours « patrie des droits de l’Homme ».

le 1er avril, la diplomatie française a publié un communiqué qui dit notamment :  « La France exprime sa plus vive préoccupation face aux graves incidents survenus ces derniers jours dans la bande de Gaza. Alors que l’on dénombre au moins 15 morts et plus de 1000 blessés depuis le début des manifestations, la France rappelle les autorités israéliennes à leur devoir de protection des civils et leur demande d’agir avec la plus grande retenue. La France rappelle également le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement.« 

Cela ne saurait suffire !

Le collectif Palestine 04 ‘l’urgence de la paix et du droit » appelle ce samedi 7 avril à un rassemblement devant la mairie de Digne à 10h30 afin de faire entendre notre voix, comme cela se fera dans beaucoup de villes de France.

2018.04.07 GAZA

GAZA :    HALTE AUX MASSACRES ! LEVÉE IMMÉDIATE DU BLOCUS ! SANCTIONS CONTRE ISRAËL !

Le vendredi 30 mars 2018 une centaine de snipers de l’armée israélienne a tiré à l’intérieur même du territoire de Gaza sur des Palestiniens. Comme à l’exercice, bien à l’abri d’un remblai, ils visaient la foule de plus de 30 000 manifestants désarmés rassemblée pour la « Marche du retour ». Un bilan aux airs de tableau de chasse : 18 Palestiniens tués, plus de 1400 blessés dont 757 par tirs à balles réelles.

La marche avait deux objectifs majeurs : exiger l’application de la résolution 194 de l’ONU sur le droit au retour, acceptée par Israël comme condition de son admission à l’ONU le 11 mai 1949, et la fin des bientôt 11 années du blocus illégal de Gaza. Elle n’était pas organisée par une faction, mais par l’ensemble des forces politiques et sociales palestiniennes. D’autres marches doivent suivre jusqu’au 15 mai, date commémorative des 70 ans de l’expulsion de 80% de la population palestinienne en 1948 (la Nakba). La dénonciation de la colonisation, de l’occupation et de l’annexion de Jérusalem sera aussi à l’esprit des manifestants.

Encouragées par Trump les autorités israéliennes ont félicité l’armée pour ce beau résultat et annoncé le renforcement des moyens militaires pour frapper en tout point de Gaza, ainsi que du nombre de snipers en cas de nouvelle marche.

Il faut arrêter ce massacre, qui risque de se reproduire dans les jours et semaines à venir : la France et l’Europe ont un devoir de protection du peuple palestinien. Elles doivent immédiatement et clairement interdire à Israël, sous peine de sanctions immédiates, le recours aux armes de guerre contre la population palestinienne qui manifeste pour ses droits. C’est ce que nous demandons aujourd’hui au président de la république

La France et l’Europe ont les moyens d’agir, mais elles doivent sans délai changer de logique, reconnaitre l’état de Palestine et exiger :

  • La levée du blocus de Gaza
  • L’arrêt de toute colonisation, l’arrêt des destructions de maisons et d’infrastructures.
  • Interdiction de l’importation de produits et services des colonies israéliennes
  • L’application des résolutions de l’ONU
  • Que les responsables de ces crimes en répondre devant la Cour pénale internationale (CPI)
  • Et cesser toute coopération militaro-policière avec Israël.

À nous citoyennes et citoyens de faire entendre cette exigence de justice, condition même de la Paix.

Rassemblement le samedi 7 avril 2018 à 10h30 

Mairie de Digne les Bains 04000

Hommage à Samia Bamieh qui s’est éteinte il y a quelques jours que nous avions rencontré en septembre dernier

Une grande voix de la Palestine s’est tue.

 « On ne pourra pas déraciner notre culture historique qui est tolérante et riche de la diversité religieuse et sociale du peuple palestinien. Nous ne sommes pas une société refermée sur elle-même. » (S. Bamieh)

Une grande dame de la Résistance palestinienne nous a quittés et c’est une perte pour la Palestine et pour sa mémoire. Samia Bamieh était membre du Comité exécutif du Comité technique des Affaires des femmes et membre fondateur de la Commission internationale des femmes pour une paix juste et durable entre la Palestine et Israël. Longtemps elle avait été Directrice générale pour les Affaires européennes au ministère de la Planification.

Samia incarne la tragédie et la lutte de son peuple pour ses droits nationaux. Originaire de Jaffa, sa famille fuit la ville au moment de la Nakba. Commence pour eux le drame de tous les réfugiés. Pendant plus de 40 années, elle sera de tous les combats auprès du Fatha et de Yasser Arafat, le suivant, avec sa famille, jusqu’à Tunis, lors de l’exode de l’OLP après qu’elle ait été chassée du Liban. Elle était rentrée en Palestine occupée en 1996 avec l’Autorité nationale palestinienne. Elle est aussi la maman de Majed Bamieh, ce brillant jeune diplomate qui défend avec tant de talent les droits de la Palestine.

Samia était pour moi, un repère et je ne manquais jamais de la rencontrer, chaque fois que j’allais en Palestine, car elle m’aidait à comprendre la complexité de la situation dans son pays et son évolution. J’aimais sa rectitude et son exigence pour la défense du Droit international et pour celle des droits des femmes. Sa parole était vraie et sans concessions.

Je l’avais rencontrée pour la première fois en 1996, peu après son arrivée en Cisjordanie, après les accords d’Oslo et j’avais été frappée par la clarté de son analyse, par son honnêteté intellectuelle, ainsi que par sa forte personnalité.

J’ai réalisé plusieurs entretiens avec elle pour Clara Magazine[1], Politis[2] et Pour la Palestine[3] – la revue de l’AFPS. Notre dernière rencontre date de septembre dernier, au cours de la mission de l’AFPS04 en Palestine occupée.

Comme tous les Palestiniens, je l’avais trouvée fatiguée, désabusée mais toujours combattante. Elle ne cachait ni les contradictions d’Oslo, ni les échecs de la direction palestinienne, du Fatha et des partis de gauche, mais  elle ne manquait jamais de replacer ses critiques dans le contexte d’une Europe qui refusait d’assumer ses responsabilités envers les Palestiniens et du « deux poids, deux mesures » définissant l’ordre international sous la houlette des Etats-Unis.

J’ai relu la première interview que j’avais faite d’elle, en 1998, et je constate que ses paroles ont conservé toute leur actualité. Je la cite : « J’ai parfois le sentiment de vivre un suicide à petit feu. On se lance à fond dans le travail – elle travaillait à l’époque au ministère de la planification et du développement- avec l’illusion de bâtir nos institutions, et puis, n’importe quel événement anodin nous rappelle que nous vivons sous occupation et qu’il nous reste à accomplir la libération nationale, tâche primordiale sans laquelle il n’y aura pas de construction possible. L’opposition passe son temps à critiquer l’Autorité palestinienne, les manquements à la démocratie, en oubliant l’essentiel : nous n’avons ni l’unité de notre terre, ni celle de notre peuple. Sans souveraineté, à quel développement pouvons-nous prétendre ? (…..)Mais je pense que l’Autorité nationale palestinienne a trop misé sur les négociations et qu’il est urgent de reformuler l’action populaire de résistance qui doit se renouveler et reprendre sous des formes différentes. On a trop vite abandonné les Unions populaires où notre peuple était acteur. Qu’ils soient pour ou contre Oslo, les partis politiques ont du mal à redéfinir une stratégie qui réponde aux aspirations des gens totalement désorientés. Il nous manque une opposition mûre qui fasse des propositions constructives.  Ce n’est qu’à ce prix que notre société pourra se renforcer. »

En juin 2005, après la mort d’Arafat et au moment du désengagement de Gaza par Sharon, elle nous alertait dans PLP : « Aujourd’hui, Israël est en train d’avaler littéralement nos terres et de mettre en place un système d’apartheid raciste. Comment le monde ne le voit-il pas ? Quand nous aurons des « Erez[4] » partout, des portes dans les murs pour entrer et sortir avec des permis pour circuler, des routes principales qui nous sont confisquées parce qu’elles vont relier les colonies et que nous devrons nous contenter de tunnels, il n’y aura plus d’entité palestinienne possible. (…) Où allons-nous ? Nous voulons parvenir à la paix. Mais nous en avons marre d’un « processus » de paix  qui n’en termine jamais avec l’occupation. (….)

Que fait la communauté internationale, en ce début de 21ème siècle ? Elle devrait être beaucoup plus sérieuse et faire appliquer ses décisions par Israël. Que ce soit par des pressions, par le dialogue, ce qu’elle veut, mais qu’elle se fasse entendre ! 

Notre frustration vient de notre attente que l’Europe joue un rôle politique à la mesure des enjeux. Je qualifierai nos relations de l’ordre du « dépit amoureux ». Nous avons besoin, dans ce monde unipolaire, du contrepoids de l’Europe. Nous ne serions plus là si l’Europe ne s’était pas impliquée dans notre projet politique. Mais si elle ne bouge pas politiquement, ce sera un gâchis. Nous savons qu’elle a les moyens de convaincre Israël et elle ne les utilise pas. (…) L’Europe nous demande de faire des réformes. Mais sur le terrain, la vie, comment va-t-elle changer ? Comment l’économie va-t-elle se relever, s’il n’y a pas l’application par Israël de ses obligations ? Pourquoi l’Europe accepte-t-elle la violation de ses propres lois, de ses propres accords ? »

Lors d’un entretien réalisé le 24 février 2006, après la victoire du Hamas, elle dénonçait : « Où sont passées les valeurs de l’Europe : les Droits de l’Homme, le Droit international ? Nous lui demandons seulement de défendre ses principes et de les faire appliquer par Israël ? L’Europe, qui a avec nous des accords de voisinage, qui est pour la solution de deux Etats et qui crie que cette solution est en danger, ne fait rien sur le terrain. (…) Pendant que nous nous occupons des réformes, de démocratie, la possibilité d’un Etat palestinien disparaît chaque jour un peu plus. La question que je me pose, c’est à quoi sert toute cette remise en question, cette inquiétude si finalement, le but – un Etat souverain et indépendant- n’est plus réalisable ?

Elle analysait ainsi l’échec du Fatha aux élections :  « Le Fatha a une très grande responsabilité parce qu’il n’a pas su accomplir sa mutation de parti révolutionnaire en parti de gouvernement. Il n’a pas  su  garder son espace et son identité. Il était totalement  amalgamé à l’Autorité palestinienne. La force du Fatha, c’était son ancrage populaire. Le Hamas aujourd’hui me rappelle le Fatha lorsqu’il était proche des gens, ouvrait des dispensaires, des crèches, des garderies, impulsait des Unions. Le Hamas a pris le relais, y compris auprès des femmes qui ont voté en majorité pour lui.

Et elle incluait également la gauche dans le délitement du mouvement de libération nationale :

« Quand toutes les organisations de gauche n’obtiennent que  7 élus, elles doivent se réveiller, elles aussi. Il y a également toute la société civile qui se remet maintenant en question. Ces ONG qui ont parlé des droits de l’homme, des droits des femmes, de l’égalité, pourquoi n’ont-t-elles pas pu convaincre les femmes ? 44% des femmes ont voté pour le Hamas. Je crois que les mouvements de femmes ont travaillé beaucoup plus verticalement qu’horizontalement et se battaient pour les femmes mais pas avec elles. Ces ONG ont été financées par les pays donateurs pour des projets bien précis. Et finalement, au lieu de continuer le travail volontaire, tout le monde est devenu gestionnaire de projets : il fallait savoir étudier un dossier, le présenter aux bailleurs de fonds. L’objectif premier devenait de maintenir l’ONG et de financer les postes de travail. Elles se sont transformées en petites entreprises. On a défiguré le travail associatif, ce que le Hamas n’a pas fait. Il a réussi à mobiliser les femmes par un travail volontaire et populaire.

C’est un message que la société civile et les partis démocratiques doivent entendre. Notre peuple est un peuple politisé qui paie chaque jour son existence sur sa terre et sa résistance à l’occupant ; ce n’est pas un peuple au nom duquel on peut parler. Si on ne permet pas aux gens d’êtres acteurs, ils nous sanctionnent. (…) Il faut vraiment redéfinir notre stratégie, voir dans quelles conditions accepter les dons des bailleurs internationaux et se donner les moyens de ne plus être à leur merci.

Pour nous, le vrai choc de ces élections a été de se demander ce que, après 40 ans de combats, nous avions réalisé du point de vue politique. L’Etat n’est pas là ; nous ne sommes pas parvenus à mettre fin à l’occupation ; l’occupant a réussi à nous diviser. Socialement, il y a une régression. A Gaza, les femmes ont senti bien avant nous, ce que cela voulait dire. (…) La fragmentation des territoires occupés et l’incommunication isolent les villes des campagnes, les villes des autres villes. Nous n’avons plus les mêmes façons de penser, ni les mêmes problèmes. »

En tant que femme et militante, elle s’interrogeait :

« Quand je parle de 40 ans de combat national, je parle de 30 ans de ma vie de militante politique. (…) Vous ne pouvez pas savoir ce que ça veut dire pour moi que cette Palestine dont on a rêvé, pour laquelle nous nous sommes battus, n’existe plus comme projet politique.

Je suis issue de la grande bourgeoisie palestinienne. En m’engageant dans ce combat, j’ai cherché à me débarrasser de mon éducation, à renier ma classe pour suivre cette marche vers la libération nationale. Après Beyrouth, j’ai pensé arrêter. Puis il y a eu l’Intifada. Je me suis réinvestie. Puis il y a eu Oslo. Je ne pouvais pas lâcher. C’était la reconstruction. Et je me retrouve à 57 ans avec tout à reconstruire de nouveau. Je ne peux pas me contenter de redevenir une petite-bourgeoise parce que je ne peux plus me leurrer et continuer comme si rien ne s’était passé. Cela fait 10 ans que je suis rentrée en Cisjordanie. Je suis Palestinienne mais pas du pays. J’appartiens à un projet politique plus qu’à la géographie.

Je n’ai pas le choix.  Ma vie personnelle est tellement fondue dans le projet politique que je ne peux pas accepter d’avoir échoué et de perdre espoir. Objectivement, il n’y a aucune famille palestinienne qui n’a pas un proche à l’extérieur : en Amérique, au Canada, dans les pays arabes… Nous recevons l’impact du monde même si l’occupation nous referme sur nous-mêmes. De ce point de vue, je ne suis pas pessimiste. Je ne crois pas que la société va se replier sur le fondamentalisme. Mais ce n’est pas une tâche facile surtout que l’occupant ne nous laisse pas respirer. »

En septembre dernier, lors de notre entrevue, elle nous redisait son inquiétude face au danger de la réémergence des identités communautaires dans la société palestinienne mise à mal par les divisions savamment entretenues. « Nous avons subi une défaite. Notre projet national qui était basé sur la fin de l’occupation pour aller vers l’autodétermination a été mis à mal. Les gens aujourd’hui sont désabusés quand ils constatent le nouvel essor du projet sioniste de colonisation et d’expulsion qui sape les fondements d’un Etat palestinien viable, n’offrant plus que l’alternative d’un Etat d’apartheid. Israël sait qu’il a les mains libres et le soutien américain face à la lâcheté de l’Union européenne qui ne pèse pas grand-chose. Les USA décident, l’Europe paie ! Dans ce contexte, avec l’impuissance des partis politiques palestiniens – un Fatha qui manque de leadership, une opposition de gauche atomisée qui se cherche -, il y a un réel danger de se replier sur la tradition qui rassure dans un climat d’insécurité, avec, en face, la montée de l’extrême droite israélienne et l’insécurité dans la région. Heureusement, nous sommes encore majoritairement une société de diversité qui ne s’est pas refermée sur elle-même. Le futur est open. »

Cette belle voix s’est tue. Mais je sais qu’elle continuera à vivre et à se transmettre par ses enfants, dans le combat des femmes avec qui elle n’a jamais cessé de se battre et dans la résistance populaire quotidienne du peuple palestinien. Elle nous laisse ce message de dignité et d’engagement qui a guidé sa vie.

Monique ETIENNE.

1- Clara Magazine n°49 – sept 1998

2- Politis n° 892 – 9 mars 2006

3- Pour la Palestine- n°45- mars 2005; n°47- sept 2005; n°52- déc 2006

 

 

 

[1] N°49- sept 98-

[2] N° 892- semaine du 9 au 15 mars 2006

[3] N° 45 (mars 2005),47(sept 05), 52(déc06)

[4] Le check point devenu poste frontière qui boucle l’entrée de la Bande de Gaza et la coupe de la Cisjordanie et de Jérusalem.

10 mars Nous accueillons Eléonore Bronstein de l’ONG De-Colonizer à Manosque

Plus de 50 personnes ont participé à la conférence rencontre débat de De-colonizer à Manosque pendant 2 bonnes heures . Éléonore a été particulièrement appréciée pour son discours clair, la qualité de ses analyses et le courage de ses positions.

La soirée qui s’est poursuivie en retrouvant Eitan pour manger ce termine juste après de riches échanges…

Dans l’après midi Éléonore a pu faire 1 interview pour Fréquence Mistral.

Demain avant de partir pour Grenoble, ils feront 1 étape par Longo Maï et radio zinzine où nous sommes attendus pour une émission à radio zinzine, puis Éléonore et Eitan pour une intervention auprès des ‘résidents’.

Une déclaration de soutien aux 70 localités palestiniennes menacées par la colonisation et un appel aux jumelages a été décidé que l’AFPS 04 va adresser aux communes du département au nom de l’ensemble des participants de cette soirée.

Nous pouvions espérer être plus nombreux pour en profiter, mais ce fut une très belle journée !

2018 Tract De-Colonizer – VDef

Conférence-débat en présence d’Éléonore Bronstein à Manosque  

 le samedi 10 mars 2018 à 18h30, salle des Quintrands, rue Lemoyne                                   (au-dessus du bd. des Tilleuls)

2018 est une année particulière pour la Palestine

 Elle marque les 70 ans de la création de l’État d’Israël et de l’expulsion des Palestiniens

C’est la Nakba – la catastrophe – que nous commémorons cette année

80% de la population arabe palestinienne a été expulsée. Plusieurs centaines de villages palestiniens et des quartiers de villes ont été détruits ou rasés.

Ce processus de nettoyage ethnique a commencé avant 1948.

Il est toujours à l’œuvre aujourd’hui.

La continuité et la persistance du projet colonial perdurera tant que les états et la mobilisation internationale ne seront pas assez forts pour exiger son arrêt.

 De-Colonizer est une ONG Israélienne qui s’attache à rendre visible ce qui ne l’est plus depuis la destruction de 817 localités palestiniennes, de 195 localités syriennes, de 44 localités juives.

Du 8 au 19 mars 2018 Éléonore Bronstein de De-Colonizer est invitée pour une série de conférences à Lyon – Manosque – Grenoble – Romans – Angoulême – Versailles

             Rendez-Vous le 10 mars à 18h30 

Salle des Quintrands rue Lemoyne à Manosque

De-Colonizer est une ONG israélienne et un centre de recherche alternatif et militant basés à Tel Aviv, et cofondés par Éléonore Merza-Bronstein et Eitan Bronstein, tous deux anthropologues du politique, spécialistes de la société israélienne contemporaine et militants anticolonialistes israéliens.

De-Colonizer invite au débat, pour convaincre, pour changer les discours, pour lutter contre les oublis de l’histoire et les mémoires occultées, pour enfin pouvoir penser un autre vivre-ensemble où l’égalité ne serait pas un vain mot.

De-Colonizer se définit comme un laboratoire, au sens expérimental, offrant un espace unique de réflexions, de mises en commun, de partages, d’activités constantes, à la jonction de nombreux outils et méthodes. De-Colonizer veut contourner les frontières politiques et symboliques afin de fournir un nouvel espace extraterritorial.

« Afin de dépasser cette situation de guerre permanente, nous pensons qu’il est temps de renoncer au sionisme et nous estimons qu’Israël doit reconnaître sa responsabilité historique dans l’expulsion des PalestinienNEs, et réparer cette injustice en accordant à touTEs les réfugiéEs leur inaliénable droit au retour. Et si les PalestinienNes sont les principales victimes de ce régime, nous pensons que les JuifVEs-IsraélienNEs paient également le prix de cette conquête interrompue depuis 1948 en vivant dans une peur constante et sans espoir de paix. En d’autres termes, nous pensons qu’une des clés essentielles à notre futur est profondément enracinée dans notre passé ».

Conférence-débat en présence d’Éléonore Bronstein à Manosque  

 le samedi 10 mars 2018 à 18h30, salle des Quintrands, rue Lemoyne                                   (au-dessus du bd. des Tilleuls)